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Critique acerbe

Je vous résume le texte en quelques mots. Nous voici donc face à un récit d’une brièveté déconcertante qui nous raconte en quelques lignes superficielles la petite vie d’un jeune couple qui, à défaut d’être trépidante, est d’un ennui  à faire décrocher le plus courageux des lecteurs invétérés. Imaginez un couple de trentenaires, victime d’un nombre de cambriolages que ne renierait pas Maurice Leblanc. Il va sans dire qu’ici, nous ne jouons pas dans la même cour. Donc, nos jeunes gens que l’on imagine passablement secoués (ce qui ne transparaît nulle part dans l’introduction), déménagent. Sans doute ont-ils les moyens puisqu’ils choisissent un quartier plus « calme ». Huppé ? Résidentiel ? A moins de connaître Nottingham comme sa poche, à nous de choisir, l’auteure n’a pas jugé bon de nous guider davantage. Du moins précise-t-elle que le taux de délinquance y est plus bas. N’y avait-il pas un moyen de le sous entendre de façon plus délicate ? Bref, le couple s’installe et patatras, un nouveau cambriolage ! L’auteure manquait-elle à ce point d’imagination pour nous resservir la même soupe ? Mais attention, tenez-vous bien, chat échaudé craignant l’eau froide, le jeune homme avait équipé sa nouvelle demeure d’un système de surveillance. Rira bien qui rira le dernier, le larcin est filmé. Notre ami trentenaire, qui ne semble pas être le meilleur couteau aiguisé du tiroir, confie son précieux film aux enquêteurs qui, grâce à son concours, pourront mettre leurs mains gantées sur les épaules des malfaiteurs. Je ne vous livre pas la fin qui, si ce n’est déjà fait, vous ôterait toute velléité de lire cette belle histoire fine comme du gros sel.

Entrons dans le détail, à commencer par le topos qui ne brille pas par son excellence mais qui a au moins le mérite de poser le cadre en quelques phrases économes mais efficaces. L’auteure nous embarque dans une histoire qui pourrait s’avérer savoureuse si elle s’était attachée à développer davantage certains passages pour aider à la compréhension du lecteur, ou pour le moins à l’intéresser un minimum. Rappelez-vous Nottingham.

S’il fallait à la vie seul ce que dicte la nécessité, elle serait quasi vide et sans saveur. Voilà une citation qui s’accorde parfaitement au premier dialogue qui ne nous éclaire pas beaucoup sur les sentiments et la vie des deux perdreaux qui ne parlent ici que de leurs plantes. La phrase suivant le dialogue nous laisse perplexe : une virgule mal placée et un William qui avait prévu un nouveau cambriolage. William est-il un devin ? Fallait-il donc qu’il soit si inconscient pour choisir une maison qu’il savait vouée à une visite de malfaiteurs ? 

Et Deby, cette jeune femme qui plonge dans la détresse, à la limite de la dépression ? Ne devient-elle pas plutôt paranoïaque après ce cinquième cambriolage ? Cela donnerait sans doute plus de corps à ce personnage féminin transparent comme l’eau claire d’un ruisseau de montagne. 

Le deuxième dialogue est tout aussi insipide que le premier en plus d’être incohérent. Comment ce William, décidément divinateur, peut-il s’imaginer que la police lui apporte de bonnes nouvelles ? Quant à la réaction de Deby, elle nous plonge dans la perplexité. En plus d’être transparente, serait-elle niaise ? Les échanges du couple nous renvoient à l’imagine du Père Noël débarquant, la hotte pleine de cadeaux merveilleux.  Tout à sa joie, notre ami William invite les policiers à entrer. Pourvu qu’il ne les guide pas jusqu’au salon où poussent ces mystérieux plants pour lesquels William porte une véritable passion.

Pour finir, que dire de ce « Deby, fais-nous couler un bon café ». Transparente, niaise et servante ! Une femme réservée aux travaux domestiques dans un texte contemporain écrit par…une femme. Simone, qu’est devenu ton héritage ? Cette seule phrase insulte toutes ces féministes qui se sont battues pour faire avancer le droit des femmes, l’égalité des sexes.

En conclusion, si l’on met de côté le coup de chaud apporté par le café, voilà un texte dont le sujet pourrait être amusant mais qui, traité de la sorte, nous laisse froid tellement il est insipide. Au bénéfice de l’auteure, je n’ai pas relevé de faute d’orthographe ou de grammaire. C’est toujours ça !

Texte original, suivez le lien…

Une nouvelle vie – Le blog de Ginette (esprit-livre.school)

6 réponses sur « Critique acerbe »

Critique acerbe, certes ! mais ce « nouveau texte » démontrant que l’original est vraiment « une merde intellectuelle (excuses pour le terme!), une lecture creuse et sans saveur, démontant l’auteure et voire même son travail, est à mourir de rire. Oui. Tu as trouvé de belles phrases interrogatives pour les personnages et le déroulement de l’histoire qui mettent l’auteure dans un inconfort certain.
Finalement il est compréhensible que les auteur.e.s mettent si longtemps à fignoler leurs oeuvres……..pour le plus grand plaisir des lecteurs.
J’ai bien ri. et toi? Est-ce que ça fait du bien d’en passer par là?
En tout cas, bravo !

En effet, je me suis bien gondolée en me disant que je ne devais pas être bien inspirée quand j’ai écrit cette nouvelle ! Excellent exercice en tout cas.

Un bel exercice et surtout une délectation pour la piètre (critique acerbe?) lectrice que je suis! Une fois de plus, je me suis bien amusée.

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