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Gare aux nuisibles

Le comparer à la fouine serait faire insulte à la bestiole. Pourtant, quand on regarde sa petite gueule d’amour, on pourrait s’y méprendre. Il a des petits yeux noirs perçants dans lesquels le premier juif arabe égaré pourrait s’empaler. Ne pas confondre ici avec le juif berbère dont se targue notre homme. Le juif berbère n’est-ce pas, n’est pas un juif arabe et vice versa. Comprenne qui pourra. J’ai beau eu me bourrer la panse de haroset, les dattes et les abricots secs qui le composent me restent sur l’estomac sans avoir livré leur terrible secret. Je digresse. Puisque s’en est un, revenons à notre homme.

Les points de concorde avec la fouine ne s’arrêtent pas là. Quand notre petit carnivore dégage une odeur nauséabonde lorsqu’il est en danger, notre omnivore émet en permanence un fumet désagréable à nos narines de vierge effarouchée. Un fumet qui n’a d’autre but que de faire fuir les étrangers, à commencer par les musulmans. Enfin non, les islamistes. Ou ceux qui pratiquent l’Islam. La vache, que c’est compliqué. On simplifie. Que tous ceux qui ne s’appellent pas Corinne quittent la France et on en parle plus ! Je vois déjà les voyagistes de tous bords se frotter les mains. A cette solution, j’y vois deux limites. La première, 160 000 Corinne sont nées en France depuis 1900. La deuxième, les Corinne ne se reproduisent pas entre elles. What else ?

Convenons-en, les Corinne sont des femmes. Or la femme ne saurait se considérer l’égale des hommes. C’est pas moi qui le dit, c’est lui. Je ne voudrais pas avoir une cohorte de féministes en chaleur aux trousses. La femme disais-je, disait-il, bénéficie de la Loi sur la parité. Voyez comme elles investissent le Sénat et l’Assemblée nationale. Ben oui, sans parité, pas de femme, avec parité on oblige les gens à les mettre sur des listes. On y met les copines, les épouses, les maitresses. Notre mi-homme mi-fouine nous susurre ainsi à l’oreille – que j’ai poilue – qu’il suffit de coucher. Et vas-y que je t’en remets une couche sur la promotion canapé. Il faut quand même en tenir une couche !

Pour autant, notre énergumène se défend de tout machisme. Si si. Ce petit être aux relents fétides nous fait de brillantes déclarations sur le sujet. Ça commence dès la gestation avec la théorie du bombardement d’hormones. Ne le dites à personne, les hormones lancées telles des ogives à tête nucléaire choisissent leur camp : fille ou garçon. De bombardement à guerre, il n’y a qu’un pas que notre apprenti endocrinologue franchi allègrement de ses petites pattes maigrichonnes. Synthèse logique : les filles ne sont pas faites pour la guerre. De guerre à concurrence, il n’y a … non je l’ai déjà faite. Bref, dans concurrence, il y a classes préparatoires. Vous ne comprenez pas ? Moi non plus ! Quoi que. Son esprit tortueux comme une galerie de taupe qui ne s’est pas faite bouffée par une fouine ne cherche-t-il pas à suggérer que la femme n’est pas faite pour les études ? Amies ménagères, à vos torchons !

Le petit bonhomme disgracieux n’est pas à une contradiction près. Bien que reléguée derrière sa table à repasser, la femme n’en reste pas moins une castratrice. Entendez-vous ma voix de fausset ? Je suis un homme, quoi de plus naturel en somme. Polnareff ! Au panier. Moquez-vous, Messieurs les castrats. Chantez donc maintenant ! Pas tout l’été car vous vous trouveriez fort dépourvus quand l’hiver fut venu. Poils au dos. De toute façon, il est trop tard, le déclin du pouvoir masculin est en marche. Tremblez gent masculine, l’impuissance gagne du terrain et avec elle, votre agressivité, votre force physique, votre violence. Ce qui n’est peut-être pas plus mal, sauf pour l’impuissance sinon, adieu la promotion canapé.

Vous avez deviné. Comme la fouine, notre agité du bocal génère des dégâts. J’ai cassé ma tasse à café ce matin. Pour combattre ses dommages, il faut boucher tous les orifices par lesquels il pourrait s’infiltrer. Je vous conseille les bouchons d’oreilles, relativement efficaces. Vous en trouverez chez l’épicier du coin. Pour les yeux, un bandeau pourrait faire l’affaire mais il faut renforcer le dispositif. Pétez votre appareil télévisuel. Attention, la bête s’introduit par le moindre petit trou. Resserrez les mailles du filet. Eteignez votre radio. A la librairie, demandez conseil à votre pharmacien qui saura vous prescrire le bon antidote. D’ailleurs, j’ai pris quatre anxiolytiques avant d’écrire ma fulgurante diatribe.

Bref, à défaut de ces quelques précautions d’usage, les nuisances pourraient se transformer en dangers. Vous aurez deviné lesquels.

En cherchant bien, j’ai quand même relevé une divergence de taille entre le mustélidé et le Zébulon à ressort. L’activité du premier est essentiellement nocturne, celle du deuxième n’a pas de limite. De jour comme de nuit il rebondit dans tous les sens. A devenir cinglé ! Il agite ses thèmes favoris comme les marionnettes d’un théâtre où Brutus prendrait le dessus sur Guignol. Oui, il aime la lumière des feux de la rampe qui le lui rendent bien.

En conclusion, nocturne ou pas, les deux sont nuisibles. Alors, au travers de votre bandeau, ouvrez quand même l’œil, mais le bon.

12 réponses sur « Gare aux nuisibles »

Ahaha! Je me suis bien délectée! C’est que ce Z n’est pas à confondre avec « un Z qui veut dire… » mais bien ZOZO!
Je suis moins fan de la conclusion. Il n’y a qu’un nuisible sachant que la fouine est utile, elle ;))
Au plaisir de te lire.

Bonjour Céline..je ne regarderais plus les reportages sur les fouines du même œil et je vais réfléchir à deux fois avant de mettre mon bulletin dans l’urne
Bonne soirée

Sérieux et vraiment poilant ! une brillante description de l’énergumène digne d’une parution dans Charlie Hebdo, et même le Canard Enchainé.
Tu as du te faire plaisir.
Je ne me souvenais plus que la fouine (les si jolies petites bêtes) dégageait une telle puanteur. Mais au moins, elles ne ravagent pas le cerveau des humains irréfléchis.
Encore Bravo !. Tes écris sont de plus en plus captivants, riches en descriptions, profonds.

Tu as raison, je me suis fait plaisir à tailler un beau costard à l’homme à tête de fouine. Et j’en ai appris des choses !!!

Voilà un texte bien rigolo et d’actualité. Il pourrait faire l’édito de la presse local « Le Bien Public » par exemple pour la Côte d’Or ou celui distribué sur Brives.
Bisous bisous

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